TEXTE ANCIEN · Position papers, 30 juillet 2019 et 27–28 juillet 2026
Assemblées de Dieu : deux prises de position, 2019 et 2026
Une doctrine située et une évolution de la documentation
Les Assemblies of God des États-Unis ont adopté le 30 juillet 2019 un texte de position intitulé Spiritual Warfare and the Believer. Le 27–28 juillet 2026, leur instance de direction a également adopté Mental Health and Mental Illness. Ces dates et ces titres sont essentiels : il ne s'agit pas de témoignages isolés de prédicateurs, mais de documents doctrinaux et pastoraux officiels d'une dénomination précise.
Les Assemblées de Dieu sont présentes dans de nombreux pays et organisations. Le texte adopté aux États-Unis ne doit pas être présenté comme une directive juridiquement identique pour tous les pentecôtistes du monde. Notre comparaison rapporte les positions de leur instance américaine et recherche ce qui rapproche et distingue les deux documents.
Le texte de 2019 : un cadre théologique
La prise de position de 2019 conçoit le « combat spirituel » selon trois dimensions récurrentes : le monde, la chair et le diable. Elle examine l'influence démoniaque selon un spectre d'intensité et affirme, dans son langage théologique, qu'un croyant peut être confronté à une oppression spirituelle sans pouvoir être « possédé » au sens retenu par ce document.
Cette affirmation appartient à la doctrine de cette confession. Elle ne constitue pas une mesure empirique indépendante permettant d'identifier la nature de l'expérience d'un individu.
Le document prend soin de corriger une erreur d'interprétation lexicale : toutes les expressions bibliques contenant le mot « esprit » ne désignent pas une action démoniaque. Les exemples qu'il propose concernent aussi des dispositions humaines ou morales. Cette nuance peut être étudiée en parallèle de notre analyse philologique des mots grecs.
Sa réserve médicale explicite
Un passage particulièrement important de la position de 2019 met en garde contre l'assimilation d'une maladie mentale ou d'une détresse émotionnelle à une activité démoniaque. Il souligne qu'une telle confusion peut détourner des personnes des soins nécessaires.
Le texte recommande de solliciter le discernement et l'expérience de médecins, psychologues et conseillers. Cette recommandation ne signifie pas que la confession renonce à ses croyances spirituelles : elle documente une tentative interne de distinguer les registres théologique et médical.
L'historien pourra comparer ces normes à des comportements observés ; mais le simple affichage d'une prudence doctrinale ne prouve pas que chaque assemblée locale l'applique.
Le document de juillet 2026 : la santé mentale nommée comme sujet propre
La prise de position Mental Health and Mental Illness a été adoptée en juillet 2026. Son résumé appelle les communautés à devenir des lieux accueillants et sûrs pour les personnes en détresse, à développer l'information sur les signes de maladies mentales, à collaborer avec des professionnels qualifiés et à réduire la stigmatisation.
Cette évolution documentaire mérite d'être précisément datée. On ne doit pas attribuer ce texte de 2026 à une assemblée du début du XXe siècle, ni prétendre qu'il aurait rétrospectivement supprimé toutes les controverses pastorales précédentes.
L'apport documentaire est de disposer désormais de deux textes primaires distincts : un document de 2019 relatif au combat spirituel et un document de 2026 consacré explicitement à la santé mentale. Leur coexistence révèle un vocabulaire confessionnel plus complexe que l'opposition schématique « prière contre médecine ».
Quelle autorité et quelles limites ?
Les documents sont des position papers, adoptés par le General Presbytery. Ils présentent des convictions institutionnelles des Assemblies of God (USA). Ils ne sont ni des articles cliniques évaluant une intervention ni une enquête sociologique sur des centaines de communautés.
Une lecture critique doit distinguer au moins trois niveaux : la doctrine annoncée, les directives pastorales suggérées et les pratiques effectivement constatées. La première peut être documentée par les textes officiels ; les deux autres requièrent des enquêtes et des archives différentes.
Pour ce livre, nous évitons d'attribuer à tous les pentecôtismes le même vocabulaire « oppression / possession ». Des mouvements de sainteté, charismatiques et néopentecôtistes ont développé des typologies différentes. Chacun doit être documenté avec ses propres sources.
Mise en dialogue avec d'autres traditions
La prudence médicale du document de 2019 peut être rapprochée des directives anglicanes de safeguarding et de la distinction formulée par le Catéchisme catholique entre difficultés médicales et situations interprétées religieusement.
Le fait que plusieurs institutions conseillent de ne pas retarder les soins ne démontre pas pour autant qu'elles professent une doctrine identique des esprits. Leurs autorités, leurs rites et leurs anthropologies restent distincts.
De même, une lecture réformée centrée sur la consolation et la victoire du Christ peut utiliser un vocabulaire de liberté proche, mais elle ne le construit pas nécessairement dans le même cadre pentecôtiste.
Un enjeu d'éthique documentaire
La maladie mentale ne doit pas devenir l'objet d'une suspicion religieuse automatiquement liée à la culpabilité ou au péché. Les diagnostics nécessitent des professionnels qualifiés ; l'accompagnement spirituel éventuellement choisi par la personne peut être respecté sans se substituer au soin.
Il faut également refuser l'usage de ces textes pour contraindre un mineur, publier des symptômes à des fins de témoignage ou imposer une interprétation spirituelle contre la volonté de la personne.
Notre objectif est de rapporter fidèlement la doctrine, tout en indiquant honnêtement que ses explications surnaturelles ne sont pas évaluées par la même méthode que les propositions médicales.
Échelle de certitude
Attesté : adoption datée des deux documents officiels américains, en 2019 et 2026.
Contenu contrôlable : réserves sur la confusion maladie mentale / activité démoniaque en 2019 ; encouragement à la collaboration avec des professionnels en 2026.
À étudier : mises à jour futures, traductions et réception dans des assemblées réelles, débats pentecôtistes contradictoires.
Non démontré : concordance uniforme de toutes les communautés avec ces textes, et causalité surnaturelle des expériences décrites.
À retenir
La doctrine américaine des Assemblées de Dieu associe des convictions sur le combat spirituel à des mises en garde explicites contre la confusion avec les maladies mentales.
À ne pas conclure
Une position théologique officielle n'est pas une procédure diagnostique, ni une description automatiquement exacte de tous les pentecôtismes et de toutes leurs pratiques.
Collation de travail fondée sur des transcriptions et des notes critiques secondaires attribuées. Aucune confrontation personnelle exhaustive des manuscrits ni relecture universitaire indépendante n’est revendiquée.
Sources localisées et réserves
- Assemblies of God (USA), Spiritual Warfare and the Believer, adopted 30 July 2019 ↗Document doctrinal pentecôtiste institutionnel — Ne représente pas tous les pentecôtismes ; les assertions démonologiques ne sont pas des preuves cliniques.
- Assemblies of God (USA), Mental Health and Mental Illness, adopté 27–28 juillet 2026 ↗Document doctrinal et pastoral primaire d’une organisation pentecôtiste — Prise de position institutionnelle, non étude clinique ni preuve de conformité de tous les ministres.